
Intro.
Je lui ai dit : « Je n’ose pas écrire. Certains commentaires m’agacent un peu, et je n’ai pas envie de froisser qui que ce soit. Et puis… je ne suis pas guinéen. »
Il m’a répondu : « Justement. Un regard extérieur, ça fait du bien. Sinon, on tourne en rond. À condition de ne pas être trop direct. Toi, tu vis là-bas, tranquille. Nous, on est ici… Capisci ? » (je suis italien)
Bon. D’accord. J’y vais.
Dimanche, je suis allé voter à Paris.
Trois choix : Emmanuel Grégoire, Rachida Dati et Sophia Chikirou. J’ai pris mon enveloppe, les trois bulletins, puis je me suis isolé pour faire mon choix.
- Et là, problème : je n’en aimais aucun.
Mais vraiment aucun. Je les trouve peu crédibles, sans charisme, sans idées, avec des parcours qui interrogent. Quant aux programmes… on dirait qu’ils ont été écrits par ChatGPT. On parle quand même de l’élection du maire de Paris. Paris, quoi ! La Ville Lumière. Et pourtant, c’est une de ces 3 personnes qui va gérer la ville, avec un budget de 1,6 milliard d’euros.
- À quoi sert-il d’avoir le droit de voter si on n’a pas de choix ?
- L’illusion d’être en démocratie ?
Un seul candidat !
Et ailleurs, en France, c’était parfois pire : des élections avec une seule liste ! Oui, juste une liste, un seul candidat. Je vous laisse réfléchir un peu : vous allez voter, vous allez dans l’isoloir, et il n’y a qu’un seul choix ! Une mascarade. Un jeu de c..
Démocratie ? Ben, techniquement, oui. Une enveloppe, une urne… le décor est là. Juste un décor. Et nous sommes, comme toujours, les spectateurs d’un spectacle imposé.
- Je vous vois sourire en Guinée.
- Si, je vous vois… Vous pensez que...
- Ooops. C’est le téléphone qui sonne.
- Nous sommes sur écoute ?
- J’arrête.
Alors oui, c’est devenu ça, la démocratie en France : le droit de voter… mais pas toujours le sentiment d’avoir un vrai choix.
Il faudrait revenir à l’essentiel de la démocratie.
Dans une démocratie, le patron, c’est vous. C’est nous. Et on donne un mandat à un gouvernement pour qu’il gère bien le pays. C’est tout. On donne un mandat, pas des privilèges, pas une couronne de roi. Juste un job.
La démocratie, c’est voter pour choisir la meilleure équipe qui va gérer les affaires publiques pour rendre la vie des citoyens meilleure. Et pour ce faire, nous leur donnons directement un budget, financé par les impôts que nous payons ou la richesse de notre pays.
En Suisse, par exemple, le pouvoir est diffus, partagé. Les décisions passent souvent par référendum. Et le peuple se montre souvent raisonnable. Il sait augmenter les impôts quand c’est nécessaire.
En Norvège, les revenus du pétrole ont été placés dans un fonds souverain dont les bénéfices profitent à toute la population. Le peuple, grâce au pétrole, est devenu un peu rentier (ça fait rêver, non ?)
Au Danemark, les impôts sont élevés, mais acceptés, parce que les citoyens voient concrètement à quoi ils servent : santé, éducation, sécurité, qualité de vie.
Qui va gagner ?
Dans l’isoloir, à côté de moi, un homme votait aussi. Allure négligée, téléphone à l’oreille, rideau ouvert, comme pour afficher son choix. Il avait la même enveloppe que moi, le même pouvoir que moi.
Qui va gagner au final ?
Le nombre. Juste le nombre. Si les gens comme lui sont plus nombreux que moi, ils auront gagné.
- Dimanche, quoi qu’il arrive, j’avais perdu.
- Parce que j’avais le droit de voter, pas de choisir
Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Gregoire.

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Monsieur Sergio
Correspondant et Spécialiste en Géostratégie
Sergio a longtemps travaillé au sein de groupes internationaux d'assurances, qui l'ont amené à travailler sur de nombreux pays africains pour auditer et surveiller les filiales et les aider à se développer sur leurs marchés. Il est depuis le fondateur de Poptrafic.
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