Guinée : huit autres candidats face à une campagne dominée par la GMD
La campagne présidentielle guinéenne s’est achevée dans un rapport de forces largement déséquilibré sur le terrain. Si huit candidats étaient en lice face au Général Mamadi Doumbouya, force est de constater que leurs campagnes respectives ont évolué dans l’ombre d’une mobilisation écrasante du camp présidentiel.
Les candidats dits « challengers » ont mené des campagnes contrastées, souvent marquées par des moyens limités, des mobilisations localisées et une présence inégale à l’intérieur du pays. Certains ont misé sur la proximité, privilégiant les rencontres communautaires, les échanges directs avec les électeurs et les messages de rupture ou d’alternative politique. D’autres ont tenté d’exister à travers les médias, les réseaux sociaux ou des sorties ciblées dans les grandes agglomérations.
Malgré ces efforts, aucun n’est véritablement parvenu à créer une dynamique nationale capable de rivaliser avec celle de la GMD. Le contraste est apparu de manière éclatante lors du grand Show organisé hier 25 décembre, qui a rassemblé une foule impressionnante. L’événement, marqué par la participation du célèbre artiste congolais Koffi Olomidé, a pris des allures de démonstration de force politique et populaire.
Moment symbolique de cette mobilisation, le candidat Mamadi Doumbouya est apparu sur le podium aux côtés de son épouse. Visiblement amaigri, mais détendu et souriant, il s’est même laissé entraîner dans quelques pas de danse au rythme de l’artiste congolais, sous les acclamations d’une foule acquise à sa cause. Une séquence largement relayée, devenue l’une des images fortes de la fin de campagne.
Face à cette démonstration, les huit autres candidats ont surtout cherché à défendre des projets, des idées et une vision alternative, parfois dans une relative indifférence populaire. Leur campagne aura néanmoins permis de faire vivre le pluralisme politique, d’exprimer des voix critiques et de rappeler que l’élection présidentielle ne se résume pas à un seul homme.
À l’issue du scrutin, certains de ces candidats pourraient trouver une forme de réconfort politique dans l’éventualité de la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, auquel le président élu pourrait faire appel, dans un souci de rassemblement et d’inclusion des compétences. Une hypothèse qui, sans être acquise, nourrirait l’idée d’une gouvernance plus ouverte et apaisée dans l’après-élection.
Reste désormais au peuple guinéen de trancher dans les urnes, en toute conscience et dans le respect de la paix. Le verdict du 28 décembre dira si la domination observée pendant la campagne se traduira dans les résultats, ou si les urnes réserveront des surprises.
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