
Justice guinéenne : le sursaut moral attendu
Le récent passage du nouveau ministre de la Justice au Tribunal de première instance de Dixinn n’a rien eu d’un acte ordinaire. Il s’est agi d’un retour chargé d’émotion et de symboles. C’est en effet depuis la présidence de ce tribunal qu’il a été appelé à de plus hautes responsabilités, d’abord à la Cour d’appel, avant d’être porté à la tête du département de la Justice.
En revenant sur ces lieux qu’il connaît intimement — où il a servi l’État avec rigueur et engagement — le Garde des Sceaux s’est exprimé avec la légitimité de celui qui a éprouvé les réalités du terrain. En tapant du poing sur la table pour dénoncer, sans détour, les dérives, les abus et les lenteurs qui minent l’institution judiciaire, il ne s’est pas contenté d’interpeller des magistrats : il a, pour beaucoup, réveillé des consciences.
Cette prise de position forte, empreinte de responsabilité morale, nourrit un espoir réel : celui de voir les autorités agir avec diligence pour examiner la situation des détenus, en particulier ceux dont l’état de santé est gravement dégradé, dans un esprit d’humanité, de justice et de strict respect des lois de la République. Car une justice digne de ce nom ne peut rester indifférente à la souffrance humaine.
Si ces paroles se traduisent en actes concrets, elles pourraient contribuer à renforcer l’image du Président de la République, Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya, en tant que garant des droits fondamentaux et de la dignité humaine. Elles seraient également de nature à consolider la confiance des citoyens dans la volonté affichée de refonder l’État sur des bases plus justes et équitables.
Par son parcours, son franc-parler et la fermeté de son ton, le nouveau ministre de la Justice se distingue déjà dans l’opinion. Il incarne, aux yeux de nombreux observateurs, l’espoir d’une justice plus proche du citoyen, plus humaine et véritablement réformatrice. Car, au-delà des fonctions, ce sont toujours les actes posés avec courage et discernement qui finissent par marquer l’histoire.

Par Abass Pablo Bangoura
Analyste indépendant
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