
Naby Diakité (1964-2009) – Dernière partie de l'hommage
Comme prévu, cette dernière partie de l’hommage, évoque quelques figures marquantes de la vie de Naby Diakité, ses épouses (Hawa Bébé Kassory puis Khadija Diallo), son ultime déplacement dans la région de Boké, puis sa disparition survenue le 14 mars 2009.
Pour enrichir cette partie finale, j’ai eu le plaisir de m’appuyer sur Aboubacar Diallo, « Dialma ». Celui-là même qui m’avait été présenté par Naby. Les deux se sont connus depuis l’école primaire de Dixinn-Centre en 1975 (CM1). S’il y’a un ou deux hommes qui ont vu défiler du monde autour de Naby, les fréquentions de toute nature autour du défunt, c’est bien Dialma et/ou Mano.
Aux dires de ces derniers, le cap doit être directement mis sur un homme dont l’assistance, l’encadrement a compté avant tout le monde. Sa présence a positivement influencé la vie de Naby Diakité. Il s’agit de son grand cousin, Moussa Fofana qu’il appelait affectueusement « Commandant ».
Monsieur Moussa Fofana : Cet originaire de Marela (Faranah), est son grand cousin de naissance. Considéré comme grand frère de la famille, avec feu Hamilton Diakité, Moussa, lui-même a été élevé par le vieux Samadou Diakité, le père biologique de Naby. Alors fonctionnaire à l’hôpital Ballet, la famille Diakité résidait dans l’enceinte de l’hôpital, à l’angle -entre Koulewondy et Sandervaliah-.
Pour les nostalgiques de la Révolution, c’était la villa située dans la cour de l’hôpital à l’angle, entre le Comité ADAMA KANDEH (1er Arrondissement) et FOROMBY TOURE (2e Arrondissement) juste en face de la maison de feu Baba Fönfoui, non loin de Dédé Gassama, ancien societaire du Sily National.
Moi-même, ayant grandi dans ce quartier, je connaissais bien Moussa Fofana qui était ami de mon oncle, Mamoudou Touré "Dorticos". Ce dernier a été pour nous, ce que Moussa fut pour Naby et les siens : le grand frère, le père, l’oncle qui veuille sur les plus jeunes.
J’avoue n’avoir pas connu Naby à cette époque, d’autant plus, qu’il était des plus jeunes de la famille Diakité. En revanche, je connaissais Sidy, Boubah, Diakouz, Hamilton Diakité, ses grand-frères.
J’ai personnellement connu l’étudiant Moussa Fofana « Commandant » dans les années 75-78. Il nous offrait régulièrement des fournitures scolaires, mes frères et moi, notamment à l’occasion de mon admission en 7ème Année, en 1975 au lycée du 28 septembre à Coronthie.
Après de brillantes études à Gamal, Moussa Fofana a occupé plusieurs fonctions dans la haute administration guinéenne, dont le prestigieux poste de chef de cabinet au Ministère de l’Economie et des Finances dans les années 80. Fort de sa position et de sa situation, il était à la base du départ de Naby pour la France, dit-on.
La France, où sa sœur aînée Hadja Makalé Traoré et son époux furent des relais immédiats. C’est le lieu de rendre un hommage à cette brave dame qui avait ouvert grandement les portes de son appart à tous les potes de Naby. Elle résidait à GANGNY, dans le 93. Tous les amis parisiens de Naby y étaient bien reçus. Demandez à Momo Sampil, Aly Kaba, Bouba Sampil, Lansana Gaucher, Papa John Cissé…et d'autres, ils ne démentiront pas.
Revenant à Naby, je me souviens de ses premiers jours parisiens lorsque « Commandant » lui envoyait des mandats pour faciliter son installation en France. C’est lui qui l’a aidé à se procurer d’un appartement aux Abbesses (18ᵉ arrondissement), prenant en charge la caution et les premiers loyers avant que Naby n’acquière son autonomie.
Étudiant, Naby savait qu’il avait une garantie financière pour tout problème en la personne de Moussa Fofana. Ce cousin lui a permis de continuer ses études supérieures sans trop de soucis. Ce qui était un avantage considérable.
Alassane Aminata Touré : Une autre figure majeure fut Alassane Aminata Touré. Ancien Coordinateur du Programme d’Appui aux Communautés Villageoises (PACV), aujourd’hui ANAFIC. M. Touré s’est éteint le 19 janvier 2022, soit treize ans après son protégé.
D’après des témoins, celui-ci lui avait facilité l'obtention de contrats de consulting après son départ du Ministère du Plan et avant de rebondir efficacement dans les activités de la Société civile guinénne. Il était considéré à la fois par Naby et par des proches comme un ami et grand frère. Que Dieu ait pitié de leurs âmes.
El Hadj Sow : Conseiller ou Secrétaire Général au Ministère du Plan (je ne me souviens plus exactement), El Hadj Sow était un grand soutien pour lui. Naby lui vouait une grande admiration pour sa compétence et l’étendue de sa culture de l’Islam en plus de sa maitrise de la haute Administration.
Collaborateur direct du Ministre Vieux Koto-Cellou, il avait, dit-on, faciliter le rapprochement entre le Ministre Cellou et le jeune cadre. Â telle enseigne que, Naby était souvent dans l’agenda du Ministère, dont l’influence était évidente sous la deuxième République. Au moment où, je rédige ces lignes, je n’ai pas de nouvelles de cet homme qui l’a profondément marqué.
Thierno Alioune Diaouné : Pour moi, c’est sans aucun doute, le meilleur ami de Naby que j’ai connu. Pour la première fois, c’est lui qui me présente Thierno, comme il aimait à l’appeler. Il était tellement fier de Diaouné, qu’il m’a donné l’impression, à tort peut être, de chercher à lui ressembler.
Il admirait Thierno et aimait la compagnie de cet enseignant de formation, ami d’enfance de Naby Youssouf Kiridi Bangoura, devenu Ministre de la Jeunesse et des sports dans le gouvernement de Transition, piloté par feu Jean marie Doré.
Avant d’être Ministre Diaouné avait été intégré dans l’ONG française « Aide et Action » par l’appui de Naby Youssouf Kiridi Bangoura qui était le premier directeur guinéen de cette ONG. Diaouné en est devenu Directeur suite à la nomination de Kiridi Bangoura à la fonction Chef de Cabinet au Ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation.
Devenu DG de l’ONG « Aide et Action », avec un autre illustre frère, feu Ben Sékou Sylla, alors responsable d’une autre ONG, le trio est formé pour galvaniser les activités de la société civile guinéenne.
De l’autre, les syndicalistes (Hadja Rabiatou serra Diallo et Ibrahima Fofana) sont aussi à pieds d’œuvre pour des réclamations qui ont ébranlé le régime du Général Lansana Conté. La suite fut la démission du Gouvernement à cause des mouvements coordonnés des syndicalistes et des acteurs de la Société civile dont Naby était un des éléments essentiels.
Naby Youssouf Kiridi Bangoura : il l’appelait toujours « Naby Youssouf », rarement « Kiridi », comme tout le monde. Parmi tous les « diaspos » (terme désignant ceux qui ont étudié à l’étranger puis choisi de rentrer au pays), Kiridi était sans aucun doute le mieux placé de sa génération dans la haute administration.
Les deux quadras de l’époque entretenaient des relations à la fois amicales et professionnelles. Je ne peux malheureusement pas en dire plus, car je n’ai pas eu l’occasion de les voir souvent ensemble. Pourtant, tous deux sont des amis, même si Naby, hélas, n’est plus de ce monde.
Ben Sékou Sylla : Le grand frère de tout le monde. Véritable meneur du groupe, Ben Sékou Sylla était le coordinateur des actions de la société civile. Son leadership, naturel et fédérateur, n’était contesté par personne. Il incarnait à la fois l’autorité morale et la capacité d’organisation d’un mouvement en pleine structuration.
Fort de cette légitimité, il fut nommé président de la CENI, une responsabilité majeure dans un contexte politique particulièrement sensible. C’est lui qui organisa l’élection présidentielle de 2010, première élection démocratique de l’ère post-transition, dans des conditions complexes dont tout le monde se souvient.
Après la proclamation des résultats du premier tour, Ben Sékou Sylla tomba gravement malade et fut évacué à l’hôpital Saint-Louis de Paris. Il décéda avant la tenue du second tour, laissant un vide immense au sein de la classe politique et de la société civile. Il sera remplacé par Louncény Camara, qui deviendra par la suite ministre sous Alpha Condé.
Sa disparition marqua un tournant dans le processus électoral, tant son rôle était central. Ben Sékou Sylla demeure, encore aujourd’hui, une figure emblématique d’engagement, de rigueur et de patriotisme au service de la démocratie guinéenne.
À travers lui, comme avec plusieurs autres figures de la société civile de cette époque, Naby évoluait dans un cercle de personnalités qui, bien que plus âgées que lui, le considéraient comme un cadet proche. Il les fréquentait régulièrement, les appelant : « Grand », et nourrissait avec eux des relations faites de respect, d’apprentissage et de proximité.
Bakary Fofana : Responsable d’ONG et membre actif de la société civile, Bakary Fofana fait partie de ces grandes figures que Naby m’a fait découvrir. C’est d’ailleurs par son intermédiaire que j’ai eu le privilège de le rencontrer, à une époque où je dirigeais Kibarou.com.
Monsieur Fofana se distinguait par son aisance oratoire, sa grande loquacité et une éloquence qui imposait naturellement le respect. Il était incontournable dans les grandes mobilisations et les initiatives portées par la société civile, où sa voix comptait parmi les plus écoutées.
À la fois ami et grand frère de Naby, il bénéficiait de sa part d’un respect presque religieux. Naby voyait en lui un repère, un modèle d’engagement et de constance. Cette relation dépassait le simple cadre militant pour s’inscrire dans une véritable proximité humaine et générationnelle.
Devenu, Ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de transition dirigé par Jean Marie Doré, Bakary Fofana aura marqué son époque par son influence et son rôle dans l’animation de la société civile guinéenne.
Pelé Diakité : un ami fidèle au caractère bien trempé, j’ai connu Pelé Diakité grâce à Naby. J’ai eu la chance d’entretenir avec lui d’excellentes relations, à la fois personnelles et professionnelles.
Pelé et Naby, c’était une relation unique : ils ne pouvaient pas passer cinq minutes sans se contredire. Il suffisait que l’un prenne position pour que l’autre s’y oppose aussitôt, relançant ainsi des débats sans fin, souvent animés mais toujours passionnés.
Et pourtant, derrière ces joutes verbales permanentes, se cachait une amitié profonde, sincère et surtout loyale. Leur complicité dépassait largement leurs divergences.
Ces derniers temps, Pelé a connu quelques soucis de santé. Nous formulons des prières sincères pour qu’il retrouve pleinement la forme et la santé.
La famille Bejani : A travers Mano, qu’il a toujours pris comme son frère, Naby considérait la famille Bejani comme la sienne. Et la réciproque était vraie aussi. René, l’aîné des Bejani communément appelé Nacif (Paix à son âme) était finalement, plus son pote que Mano.
Leur relation était d’une complicité exceptionnelle, presque admirative, l’un pour l’autre, au point que Nacif l’appelait « BIG ». Allez savoir pourquoi ? Peut-être Mano pourrait nous en dire plus.
Invité par Naby, je me souviens de ma visite dans la famille BEJANI à Yimbaya, où j’ai rencontré pour la première fois le Patriarche LUCIEN BEJANI. Tout de suite, on remarque une grande absence : Madame Bejani n'est plus de ce monde depuis des années mais sa photo elle, est partout dans le salon.
Le Père Lucien Béjani était un homme chaleureux, proche de ses enfants, avec lesquels ils formaient une famille vraiment unie. L’ambiance familiale que j’y ai trouvée était admirablement hybride : « Occident-Afrique ».
Naby y était reçu comme un Bejani, partageant leurs joies et les peines de la famille. A ce propos, une anecdote m’a été contée par Mano qui montre l’intégration de Naby dans la famille. Elle illustre bien l’esprit de Bakôrô.
Tenez, quelques jours avant la mort du père Bejani:
Hospitalisé, Naby vient lui rendre une visite de courtoisie. Le patriarche dans son lit d’hôpital lui fait une confidence COMME POUR LUI DIRE ADIEU : « Ah mon Petit, quand je vais mourir, vous aurez des problèmes le jour de mon enterrement », lance Lucien.
Sans y prêter grande attention, Naby lui demande simplement à se rétablir, lui signifiant, qu’ils ont encore besoin de lui. Malheureusement, c’est bien cette maladie et dans la semaine qui emportera Papa Bejani.
Et le jour des obsèques venu, alors que Naby et Mano sont déjà embarqués dans ambulance qui accompagne le corps vers le cimetière, le véhicule tombe subitement en panne. Diagnostic : les deux pneus-arrières sont à plat.
Avec humour, malgré la douleur du deuil, il rappela à Mano la prédiction du vieux Lucien lors de sa dernière visite à l’Hôpital : « Mano, il avait que mort, avant son enterrement, qu’il allait nous fatiguer go » ! C’était là toute la personnalité de Naby : garder le sourire même dans l’épreuve. Plus tard, après Papa Bejani, Naby en 2009, René Nacif Bejani, qui était devenu aussi "Mon Grand", les rejoindra dans l'éternité. Paix à leurs âmes.
Alpha Bakar et Aline Barry : ce couple a également joué un rôle clé dans son parcours. Naby a beaucoup appris avec Aline et son époux dans le domaine de la Gestion de projets. Alpha Bakar,qui n'est plus de monde non plus avait été préfet de Dubréka sous la deuxième République.
Il était tellement proche de lui, qu’il lui a donné le prénom (Alpha Bakar) à son deuxième fils, le Chouchou de Khadîdja. J’espère que Samadou et Aliou ne seront pas Jaloux. Quant à Mme Aline Barry, ancienne coordinatrice du PACV, prédécesseure d’Alassane Aminata Touré, elle fut pour lui une véritable grande sœur et une référence professionnelle.
Toujours muni de son Ordinateur Portable, je l'avais, à plusieurs reprises, accompagné au siège de PACV situé à l’époque, à la corniche de Madina. De cette brave dame, joviale, compétente, je garde d'excellents souvenirs.
Ahmed Tidiane Souaré : leurs relations naît d'un contexte particulier, m’a-t-on appris. Le pays qui sort d’une période de turbulence sociopolitique, où Ahmed Tidiane Souaré est pressenti pour être Premier Ministre, pendant que Naby lui, est pleinement engagé dans la société civile.
Considérés à tort, ou à raison, comme Pompiers ou pyromanes, la société civile et syndicat étaient la bête noire du pouvoir et en même temps, ovationnés par la population. Le rapprochement, entre l’activiste et le futur PM aurait été facilité par Mme Aline Camara, au domicile de cette dernière, rappelle Kadidja.
Finalement devenu membre du gouvernement de PM-Souaré, les deux hommes entretiendront durablement les relations cordiales, voire fraternelles jusqu’à la mort du second.
Mme Mariama Satina Sy : figure emblématique, symbolique du paysage sociopolitique guinéen depuis trois décenies, Mme Mariama Satina Sy est une femme engagée et très active dans la société civile et dans le monde du sport.
Aux côtés de personnalités telles que Diaouné, Ben Sékou Sylla, Fatou Baldé Yansané, Mouctar Diallo, Dansa Kourouma, Baga Sylla, Alassane Camara ou encore Kadiatou Diallo DK.... Mme Sy deviendra Ministre de la République dans le Gouvernement Jean Marie Doré. Ce qui fut le couronnement de son engagement public.
Plus récemment, elle a dirigé la Fédération guinéenne de football, dans sa version de trasition, aprsè la demission de l'équipe d'Antonio Souaré... Une femme à la téte d'une fédération Nationale de Footbball, il y'en a beaucoup dans le monde. Elle aussi m'a été présentée par Naby, même si nos relations se sont un peu distandues par la suite. Elle reste une reférence dans notre pays.
Papa Koly Kourouma: Faute d’éléments probants avant leur collaboration dans le dernier gouvernement du Général Lansana Conté (fin de la deuxième république) et le premier du CNDD, je vous renvoie au témoignage de Dialma qui explique les efforts du gouvernement à travers le Ministre Papa Koly pour l’évacuation de Naby avant qu’il ne rende l’âme, à la clinique Pasteur en 2009.
El Hadj Kötö Cellou: l’Ancien Ministre du plan, proche du GLC a est inclassable dans la vie de Naby Diakité. Kötö-Cellou avait une place particulière : véritable manager parmi les managers, il a encadré et influencé toute une génération, dont Naby Diakité.
Autres amis et compagnons : Nombreux amis et compagnons de route ont également marqué sa vie tant professionnelle que privée : Son jeune Cousin de Marela Thierno Diakité, feu Babin Sow son beau frere, feu Mohamed Ghussein, feu Ibrahima Camara (ancien directeur de cabinet du PM Sidya Touré), Mohamed Sampil (à Paris), Aboubacar Diallo dit Dialma (à Conakry), son cousin Issa Sy (au Sénégal), Baby Soumah, El Hadj Soumah du GECI (Paris), Jublo Camara, Pélé Mobata (Paris) Souleymane Achkar, John Cissé, Souleymane Cissé, Aly Kaba AK, Dino Zoff, son successeur dans l'équipe de football "AFRICA STARS" ou encore Rachid N’Diaye ancien Ministre de l’Information et de la Communication…tous ont passé des moments agréables avec notre Naby. Une pensée particulière pour Marly avec qui, Naby, Fredy et moi même avions fait plusieurs sorties en after-work. N'est ce pas Fredy ?
Belles Familles :
Impossible de ne pas évoquer les familles de Hawa Bébé Kassory avec feu El Hadj Ismaël Bangoura, qui avait tout fait pour sauver cette première union, hélas, le couple finira par divorcer et Naby rencontra Khadija Diallo. C’est une longue histoire, dont je fus le seul témoin de leur première rencontre. N’est-ce pas Khadîdja ? Le Papa de Khadîdja, Paix à son âme, sa mère et notre beau Docteur Aliou Diallo ont été plus que gentils. Dès que Naby a vu cette silhouette vers les Villas Bellevue, il m’a dit ceci : « Alèbourè n’tan bara n’ma guinè to ». Comprenez en français: El Hadj Ibrahima, moi, j’ai trouvé ma femme). Et quelques mois après, les deux se sont mariés et ont eu trois beaux garçons : Samadou, Alpha Bakar et Aliou
Le dernier voyage à Bintimödouyah dans Boké
Le Ministre de la Décentralisation et du Développement local, qu’il est, effectue une mission de travail à Bintimödouyah pour s’enquérir de l’état d’avancement d’une école financée par le PACV, le 12 mars 2009, un Jeudi.
C’est au retour de ce déplacement qu’il ressentit un malaise dans la nuit. Khadija, lui dit : "Allons à l'hôpital". Non, répond Naby. "ça n’est rien, ça va passer". Face à la persistance des symptômes, Khadija l'embarque dans la voiture et direction clinique Pasteur à Kaloum. Elle estime, qu’il y serait mieux suivi qu’à domicile, en plus du repos.
C’est donc vendredi 13 mars, entre 11 et -12h que sa femme réussit à le convaincre de partir à la clinique. Elle conduit elle-même, Siaka, le chauffeur est programmé d’aller chercher les enfants à l’école. « Puis-je informer Hadja Djamilatou» ? « Non, ce n’est pas grave, ne l’affole pas ; je vais juste me reposer », répond Naby à son épouse, tous deux dans la voiture.
Alors que je faisais mon footing, du côté de la cité des nations, j’ai été informé de son admission à la clinique par un ami commun de Kaloum qu’on appelait CK. Paix à son âme, lui aussi.
Aussitôt, je m’y suis rendu et j’ai trouvé Khadîdja et Djibril Traoré, son aide de camp d’alors.
J’avoue n’être pas trop inquiet quand je l’ai vu, même s’il donnait des signes de fatigue générale. Quelques minutes après, j’ai demandé à Khadîdja de rentrer prendre une douche pour revenir plus tard. Quand je reviens vers 21 heures, les visites n’étaient plus permises.
La dernière heure de Naby : témoignage de Dialma.
Les démarches de la dernière heure précédant sa mort est racontée par Dialma présent à la clinique ce matin fatidique du 14 mars 2009, lisez : «Le lendemain matin de son hospitalisation, le samedi 14 mars, son état s’aggrave brusquement. Plusieurs Ministres dont Papa Koly Kourouma, Bouba Barry « Big-Up » et le Colonel Diaby, Ministre de la Santé, étaient présents. Une évacuation sanitaire fut envisagée. D’abord vers Bruxelles, puis vers Dakar via un avion médicaliséde SOS SENEGAL. Papa Koly me charge d’aller régler les formalités au cabinet de Docteur Thermos, représentant local de SOS SENEGAL. Celui-ci me reçoit avec un peu de froideur car, entre temps, quelque chose d’irréversible s’est produit à Pasteur, peut-on deviner, de par sa réaction. Je suis rapidement et poliment éconduit avec l’argument que "Tout est OK". Et Dialma de continuer son récit :
« À mon retour à la clinique, le silence régnait dans le hall. En observant les visages, j’ai compris que l’irréparable s’était produit : la disparition de mon ami venait d’être confirmée.
C’est alors que je croise Kapi, au rez-de-chaussée de la clinique. Je lui annonce le décès de Naby. Il ne m’a pas semblé surpris ; sans doute l’avait-il appris pendant que j’étais chez Thermos.
C’est avec une profonde douleur que, aux côtés de Kapi et de Mme Chantale Colle, nous avons transporté sa dépouille de la clinique Pasteur à la morgue du CHU Ignace Deen, là même où il est né et a grandi, en attendant la programmation et l’organisation des obsèques par la famille. »
Repose en paix, Naby!
Ton souvenir demeure vivant, à travers tous ceux que tu as inspirés.
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Par Ibrahim Kapi
Aujourd'hui le monde, Demain la Guinée