Comme moi, vous avez tous suivi les événements au Venezuela. Cela m’a permis de m’intéresser de plus près à ce pays. Et je trouve que le Venezuela ressemble beaucoup à la Guinée.
C'est un pays très riche et peu peuplé.
Comme la Guinée, le Venezuela est doté de ressources naturelles extrêmement riches : immenses réserves de pétrole (supérieures à celles de l’Arabie saoudite !), mais aussi d'importants gisements d’or, de diamants, de fer et de bauxite. Sur le plan agricole, le Venezuela produisait autrefois de très grandes quantités de café, de cacao et de bananes.
Cela ne vous rappelle rien ?
Mieux ! Ce gros gâteau est à partager entre peu de personnes. Ils sont là-bas 34 millions d'habitants pour 900 000 km², soit 32 habitants/km², alors que la Guinée compte 122 habitants/km².
Et pourtant…
Et pourtant, la population est devenue très pauvre. Un tiers de la population a dû partir pour fuir la misère. Huit millions de Vénézuéliens sont partis au Brésil, au Chili, en Espagne, etc. Les autres, ceux qui n'ont pas pu partir ? 90 % d'entre eux vivent dans la misère.
Conclusion : ce n'est pas parce qu'un pays est riche que sa population en profite.
Mais comment cela est-il possible ?
Je ne vais pas vous faire une analyse élitiste, qui, avec des termes complexes, vous expliquent que c'est dû au système confiscatoire des régimes totalitaires du type communiste, blablabla.
Je ne vais pas faire une analyse socio-économique sur les différents régimes et les différentes façons de gérer un pays, avec des jolis mots. Oui, on l'a tous compris : Chavez, Maduro et leur bande ont tout confisqué, juste pour eux. C'est aussi simple que ça.
Ma question est de comprendre le pourquoi ? Pourquoi tout garder ?
Maduro, Chavez et leurs épouses sont avant tout des êtres humains. Ils mangent trois fois par jour, jouent avec leurs enfants, aiment leurs mamans.
"- Alors pourquoi vouloir manger le gâteau tout seul ? Il est énorme, tu ne peux pas le finir tout seul, même avec tes amis, il y en a trop. Garde la plus grande part si tu veux. Nourris tes enfants, tes amis, les amis de tes amis…et fais attention ils deviennent obèses.
- Et le reste, partage-le, bon sang !"
- Il y a un vrai plaisir à partager, à rendre l'autre heureux, à embellir le pays, à créer un stade où la population va voir son équipe jouer, à faire des parcs où les enfants vont jouer au bac à sable.
Maduro aurait dû s'inspirer de la Chine (mais aussi du Vietnam, de l'Arabie saoudite, de Dubaï). Un clan à la tête certes, mais en sachant partager pour que le plus grand nombre en profite. Partager, partager, par amour ou par calcul politique, qu'importe.
La Guinée, ce n'est pas le Venezuela.
C'est aussi un "gros gâteau", mais je vois une évolution à chaque fois que j'y retourne : des routes, un stade, des immeubles, du nettoyage. Bravo et tant mieux. Jusqu'à il y a peu, le rythme des évolutions était un peu lent, avec un manque de visibilité, une communication trop formelle, un développement un peu anarchique.
Un nouveau président est arrivé. Qui sait ? Et si c'était le bon ? La Guinée va-t-elle sortir de sa timidité ? Je l'espère et j'ai bon espoir.
Un modèle ? Le Rwanda.
Il y a des pays pauvres où il n'y a rien à partager, comme le Rwanda par exemple. Là, c'était une autre paire de manches après 1994, au lendemain du génocide. Et pourtant, Paul Kagame a réussi à créer des richesses dont son peuple bénéficie : de la sécurité, de la propreté (Kigali est la ville la plus propre d'Afrique), et en 2025 l'organisation du tour du monde cycliste (les Rwandais ont dû être fiers).
TAGS : InternationalPolitiqueAfriqueGuinée
Monsieur Sergio
Correspondant et Spécialiste en Géostratégie
Sergio a longtemps travaillé au sein de groupes internationaux d'assurances, qui l'ont amené à travailler sur de nombreux pays africains pour auditer et surveiller les filiales et les aider à se développer sur leurs marchés. Il est depuis le fondateur de Poptrafic.
Commentaires 0
Aucun commentaire pour le moment.
Soyez le premier à réagir !